Je me demande si le matérialisme n’a pas affecté profondément les esprits, et même définitivement, quels qu’ils soient, du moins dans nos contrées occidentales. En effet, la dimension spirituelle de l’homme, c’est à dire celle qui le relie à Dieu, me semble profondément affectée par la déformation qu’implique en nous l’influence d’un siècle de matérialisme dominateur et vainqueur.
On a beau répéter ce que sont les fruits de l’Esprit face aux fruits de la chair formulés par saint Paul, on se heurte à un mur d’incompréhension totale, y compris dans nos milieux traditionalistes, tant l’attachement aux biens matériels et tant les préoccupations d’ordre temporel sont prégnants et prioritaires dans les esprits, et donc les raisonnements, les repères et in fine les comportements.
Il ne s’agit pas seulement de rappeler l’importance de la vie intérieure, mise à mal et obscurcie par le matérialisme ambiant, mais de redéfinir l’ordre des priorités pour un chrétien sur terre, ordre admirablement résumé par sainte Jeanne d’Arc en trois mots : Dieu premier servi.
C’est exactement l’inverse de nos priorités actuelles où c’est l’homme, sa petite vie, ses conditions matérielles, ses besoins vitaux comme secondaires, son environnement, sa vie en société qui sont, de loin, les premiers servis.
Le démon est remarquablement intelligent car même un catholique pratiquant ne s’aperçoit pas de l’inversion hiérarchique entre la Trinité et les nouvelles idoles : nos préoccupations premières sont l’argent, le progrès technique, le confort de vie, la mobilité (appelée liberté), la santé humaine (peur des maladies, culte du corps) autant d’idoles qui passent bien avant la santé de l’âme, la vie de la grâce, la prière et la fréquentation active et régulière des sacrements.
Juste un exemple, pour être plus explicite : quand je discute des années Covid, j’entends presque toujours parler des confinements arbitraires, des libertés malmenées, des contraintes en tous genres (masques, etc), des incohérences médicales, des mesquineries administratives, de la surveillance étatique accrue, notamment numérique, et bien entendu des fameux vaccins ; mais jamais, ou presque jamais, des églises fermées, des messes interdites et de l’impossibilité d’administrer les sacrements. Et pourtant il était là le problème principal, ainsi que l’absence du rappel, ou si peu, que les épidémies, ou la tyrannie de l’Etat (ici on a eu les deux), ne sont que la conséquence du péché, dont les péchés collectifs, et que les moyens de s’en sortir sont de combattre le péché, de faire pénitence et de réparer les offenses faites à Dieu.
L’homme devrait savoir, et doit savoir, que notre demeure n’est pas sur terre, elle est au ciel, que la vie sur terre n’est que la préparation à la vie éternelle, seule et véritable fin de l’homme sur terre. Mais celui qui a la tête dans les nuages, c’est à dire dans le ciel, et pour lequel la vie spirituelle est prioritaire, est considéré au mieux comme un naïf, un benêt, un inadapté, au pire comme un cinglé ou un illuminé n’ayant pas les pieds sur terre.
Mais à quoi sert de gagner le monde entier si c’est pour perdre son âme ? (Matthieu 16:26).
N’avez-vous pas compris que cette priorisation a pour but de vous mener à la damnation éternelle, par une prépondérance de la vie selon la chair ?
Ne savez-vous pas que Dieu a tout prévu, qu’il sait ce dont nous avons besoin et qu’il a lui-même défini les priorités ? : « Ne vous tourmentez donc pas », nous a dit Jésus, « ne dites plus qu’allons-nous bien manger, qu’allons-nous boire, avec quoi nous habillerons-nous ? C’est tout cela que recherchent les païens. Votre Père du ciel sait que vous en avez besoin ; aussi, vous, cherchez d’abord le Royaume de Dieu et sa justice*, et le reste vous sera donné par surcroît. » (Matthieu 6, 31-33).
(*justice est à comprendre ici dans le sens de vertus)
C’est pourtant clair : si nous observons les bonnes priorités, nous n’avons pas à nous en faire ; seuls les païens, n’ayant pas la foi, se concentrent sur leur vie terrestre. Mais nous, Dieu nous demande d’abord de l’aimer et le servir, de rechercher son Royaume par des mœurs et une mentalité chrétiennes, basées sur les 7 vertus, les dix commandements et par une véritable vie intérieure, et ainsi nous mettrons notre foi en sa divine Providence : ne vous inquiétez pas de votre vie terrestre, si vous placez votre confiance en moi, tout ce qui vous est nécessaire vous sera donné nous dit-il (le nécessaire, pas le superflu).
Ayez conscience que cette funeste disposition de l’esprit génère trois problèmes majeurs :
– L’habitude d’inverser les priorités et de placer notre vie terrestre avant notre vie spirituelle ou céleste ; le piège est redoutable car une vie spirituelle négligée devient secondaire et s’efface petit à petit, imperceptiblement mais sûrement. Il faut donc remplacer une habitude par une autre habitude, c’est le même principe, mais dans le bon sens.
– La tentation de s’accorder avec le monde, c’est à dire avec un environnement et un état d’esprit qui nous sont opposés, parce que vivants selon la chair ; si on les laisse s’installer chez nous, dans notre tête, notre cœur et même dans notre environnement matériel sans discernement, alors on finira par les confondre avec la vie selon l’esprit et à les justifier pour éviter de remettre en cause une vie qui en réalité aura été paganisée. Là aussi, se détacher du monde et de sa mentalité est vital pour celui qui ne veut pas être happé par un système démoniaque dans son essence.
– La perte de confiance en Dieu : c’est à mes yeux la pire des conséquences. Il nous l’a dit, je viens de le citer : il sait que nous avons des besoins matériels, mais il veut que nous recherchions d’abord la vie spirituelle, que nous nous préoccupions de notre âme avant de notre corps . Il s’agit ici d’une mentalité complètement inversée par rapport à l’actuelle, très difficile à faire comprendre car placer sa confiance en Dieu n’implique ni d’en obtenir des richesses, ni de se tourner les pouces, mais d’agir en se laissant guider par l’Esprit-Saint, à partir du moment où l’on se maintient en état de grâce et qu’on respecte la priorité divine, et celui-ci nous fera effectuer les actions et prendre les décisions qui nous permettront de vivre convenablement et de ne manquer de rien (mais selon les critères du Ciel et non ceux de la société pourrie actuelle !), bref de se laisser guider par la sainte Providence. Ceci n’est possible que lorsque les dispositions de l’esprit sont tournées vers Dieu, la vie éternelle, avant les réalités terrestres, qu’il ne s’agit pas de fuir, mais d’aborder sous un autre angle, celui de Dieu.
Alors, de quoi devons-nous avoir peur ?
De perdre notre âme ou d’avoir des difficultés matérielles de tous ordres ?
Pour mieux expliciter la bonne démarche, j’ai repris le chant des Vendéens « Les bleus sont là » et j’en ai changé les paroles pour les adapter à notre époque et notre situation, mais en en conservant l’esprit. Car ce magnifique chant illustre parfaitement la disposition d’esprit que nous devons avoir : nos angoisses et nos peurs ne sont pas d’ordre terrestre mais spirituel et céleste. Ces martyrs chantent qu’ils n’ont pas peur de la mort mais de vivre en dehors du Seigneur, de l’offenser et de ne plus le servir, et ce en des temps bien plus difficiles que le nôtre.
Voilà les véritables peurs qui doivent être les nôtres, et non pas de perdre notre argent, d’être surveillé par l’Etat ou d’être piqué avec de mauvais vaccins, qui ne sont que des aléas matériels de second ordre.
Voici donc la version moderne des Bleus sont là adaptée par d’Alencourt :
Le démon règne, l’enfer gronde,
Dites les gars, avez-vous peur ?
Nous n’avons qu’une peur au monde,
C’est d’offenser Notre-Seigneur
Le vice est là, la perversion se fonde
Sur l’inversion des valeurs
Nous n’avons qu’un honneur au monde
C’est l’honneur de Notre-Seigneur
Tous les démons, dansant la ronde
Envahissent les esprits et les cœurs
Nous n’avons qu’un espoir au monde
C’est le Cœur de Notre-Seigneur
Le matérialisme est là, son attraction gronde
La chair nous séduit pour être vainqueur
Nous n’avons qu’une gloire au monde
C’est la victoire du Seigneur
Le monde a besoin qu’on le délivre
De la puissance de l’enfer et de sa loi
La promesse qui nous fait vivre
C’est le retour du Christ-roi
Allons les gars, la dernière guerre
Est celle des âmes et de la foi
Quittons Babylone et son univers
Le royaume de Dieu est notre choix
Alors, après avoir lu, chanté, médité ces paroles, de quoi faut-il avoir peur ?
Non ce n’est pas des vaccins qu’il faut avoir peur, de la monnaie numérique, de la surveillance étatique, du pouvoir des machines (IA) ou du grand reset de Schwab, c’est de la déliquescence morale et spirituelle, de l’inversion des valeurs, de la perversion des mœurs (désormais dès la petit enfance !), de l’imposture de la laïcité et des droits de l’homme, de la théologie déformée par l’esprit moderniste conciliaire et de sa liturgie blasphématoire et sacrilège, de l’argent facile et du confort de vie, du matérialisme effréné et de l’esclavagisme du numérique, voilà de quoi il faut avoir peur !
Et de tous ceux et ce qui font le mal, propagent le péché, appellent le mal bien et le bien mal. (Isaïe 5:20).
Bref « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps mais sont impuissants à tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut à la fois perdre l’âme et le corps en enfer » (Matthieu 10:28).
C’est à cela qu’on reconnaît la Bête et sa marque : lorsque l’ensemble de l’environnement, de la mentalité, des raisonnements et des comportements mènent en enfer, à la damnation.
Un mauvais vaccin ne tue pas l’âme, une monnaie numérique non plus, ce sont des épouvantails qu’agite le Malin pour masquer l’essentiel de son action : prendre possession des esprits pour corrompre les âmes.
Et puis bien sûr il faut avoir peur de ne pas être en état de grâce, de ne pas sanctifier le dimanche, de communier indignement, de ne pas se confesser régulièrement, de commettre des péchés mortels, de se laisser aller aux désirs de la chair, de ne pas combattre ses mauvais penchants, de ne pas exercer suffisamment la charité, de ne pas rechercher l’humilité, de ne pas connaître, approfondir, méditer les Saintes Ecritures et la doctrine catholique, de ne pas placer le Christ au centre de sa vie et de ses préoccupations, de ne pas raisonner chrétiennement, de ne pas éduquer chrétiennement ses enfants, de ne pas défendre Dieu, son Nom, sa loi et ses vertus devant les autres… oui de tout cela nous devons avoir peur.
Pour finir, que ceux qui ont peur des intimidations du système sur leur vie terrestre n’oublient pas la promesse du Seigneur faite en ce jour de l’Ascension :
« Voici les miracles qui marqueront le passage de celui qui a la foi : par mon Nom il chassera les démons, il parlera des langues nouvelles, il pourra prendre en main les serpents et boire sans danger un poison mortel, il lui suffira d’imposer les mains sur les malades pour qu’ils soient guéris. » (Marc 16:17).
Alors n’ayez pas peur ; de toute façon, lorsqu’on se laisse guider par la Providence, lorsqu’on fait le choix de Dieu premier servidans sa vie familiale, professionnelle et sociale, on saura prendre les bonnes décisions au bon moment, quitte pour certains à boire un poison mortel (certains vaccins ? pour le côté terrestre, mais Bergoglio n’est-il pas un poison mortel lui aussi pour l’âme ?), s’ils ont la foi celui-ci sera sans danger. Mais voilà, il faut retrouver cette foi invincible et cette espérance infinie dans le Seigneur répétant après lui Père entre tes mains je remets mon esprit, ma vie, mon avenir, ma confiance, ma foi et mon amour.
Louis d’Alencourt, le 18 mai 2023 en la fête de l’Ascension du Seigneur

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