En un mot, cette doctrine signifie que Jésus-Christ est Roi de droit et de fait de toutes les nations et que celle-ci doivent donc reconnaître cette royauté et s’organiser sur la base de ce principe pour y conformer leurs institutions et leurs lois. C’est l’idéal qu’a suivi le Moyen Âge et qui commencé à être abandonné avec la révolte des empereurs d’Allemagne et de Philippe-le-Bel en France.
Le pape Léon XIII résume cette doctrine ainsi :
La Royauté de Jésus-Christ est donc cette « puissance de gouverner ses sujets » qu’il possède en tant que Créateur et Sauveur, « le pouvoir de gouverner un peuple, une nation».
Ce titre de Roi que possède Jésus-Christ est à distinguer de ses autres titres : Seigneur, Sauveur, Rédempteur, Pontife et Docteur. Jésus-Christ, en effet est non seulement :
-Seigneur, en tant que propriétaire et maître de toutes les créatures
-Sauveur, en tant que garant de notre Salut éternel,
-Rédempteur, parce qu’il a payé pour nous la rançon du péché originel
-Pontife, en tant que victime immolée et sacrificateur dans le Sacrifice de la Croix
-Docteur, car il nous enseigne et enfin
-Roi pour gouverner et commander.
Cette Royauté que possède le Christ sur les nations est un réel pouvoir législatif, exécutif et judiciaire.
Il s’agit bien, explique Mgr Nègre d’
Cette Royauté vient compléter les différents titres de Jésus-Christ afin de servir en quelque sorte de garde-fou à la volonté des hommes qui est fragile dans l’application des vertus et à celles des chefs des Nations souvent réfractaire à promouvoir le bien commun.
Pour être précis, explique Mgr Nègre il faut distinguer la Royauté de Jésus-Christ du Règne de Jésus-Christ. La Royauté est le pouvoir, le droit de gouverner, tandis que le Règne est l’exercice effectif de cette Royauté en acte, dans l’ordre des faits :
Notons que le Christ est roi en droit, mais il délègue ce pouvoir aux pouvoirs établis, il n’exerce pas ce droit directement. Le régime défendu par l’Eglise n’est pas une théocratie.
Le pouvoir qu’ont certains hommes de légiférer, de juger et d’exercer l’autorité au sein des nations leur est en réalité délégué par Jésus-Christ et est donc exercé en vertu d’une délégation de pouvoirs. De même que les chefs de l’Eglise dans le domaine spirituel, ils représentent leurs peuples auprès de Dieu dans l’ ordre qui leur est propre, l’ordre temporel et c’est au nom de Dieu qu’ils exercent l’autorité sur les nations.
Jésus-Christ transfère ainsi une partie de ses pouvoirs et ses responsabilités à ces personnes qui lui sont subordonnées, qui sont ses délégataires. Les hommes qui exercent cette autorité rendront compte devant Dieu de ce pouvoir qu’ils ont reçu, car ils doivent l’exercer en conformité avec ses commandements et en vue du bien, c’est-à-dire du salut des âmes.
On voit d’ailleurs que cette doctrine s’oppose frontalement au concept de souveraineté populaire qui est condamné par le Magistère de l’Eglise : l’utilisation légitime du pouvoir ne nécessite pas absolument l’accord des personnes concernées. Au contraire, selon la doctrine du Règne social de Jésus-Christ, la légitimité d’un chef lui vient de Dieu, et non pas du peuple.
Si le Christ n’exerce pas directement sa royauté sur l’ordre temporel comment s’exerce donc ce règne ? « Indirectement », répond Mgr Nègre par l’intermédiaire de la morale et de l’autorité de l’Eglise à laquelle doivent se soumettre les représentants de l’Etat.
La forme du gouvernement est donc laissée libre, en revanche quelle que soit cette forme celui-ci doit être subordonné à la loi divine.
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